CRITIQUES


Saint-Basile, le 8 janvier 2008.


Concert du samedi 15 décembre 2007
Geistliches Lied, op. 30, de Johannes Brahms
La Cantate de Noël, de Daniel Pinkham, Le Magnificat, de John Rutter

Pour avoir suivi le parcours du Chœur de la montagne depuis ses débuts, je dois avouer qu'à chacun des concerts, je suis toujours impressionnée et émerveillée par la volonté et le sérieux du travail des choristes. De mon point de vue, c'est ce qui fait la grande qualité du Chœur de la montagne. Selon les chefs et les œuvres interprétées, des forces et des faiblesses m'apparaissent en plus ou en moins, mais jamais je n'ai l'impression d'un recul ou d'une stagnation.

Cette fois-ci, je dirai que ce qui m'est apparu le plus remarquable tout au long du concert est le progrès accompli sur le contrôle des nuances et sur la musicalité en général. Le choix des œuvres était propice à ce travail de fond puisque, sans fanfare ni trompettes, les œuvres au programme demandaient finesse et contrôle. Le Magnificat de Rutter est d'une grande beauté et exige une excellente maîtrise du chant et des rythmes.

Le progrès du chœur à cet égard est évident. Il est beaucoup plus exigeant de chanter doux que de chanter fort, de suivre un chef que de faire à son gré, de compter la mesure que de se laisser aller avec elle et ce, sans que rien n'y paraisse. C'est ce qui fait la différence entre un chœur amateur et un chœur professionnel. Sans être des professionnels, les choristes du Chœur de la montagne nous ont fait voir avec cette performance que la facilité n'est pas leur credo. Le travail effectué avec leur chef Robert Ingari est remarquable et il révèle clairement la rigueur et l'ambition du chef d'élever le chœur à un niveau supérieur.

La couleur vocale des sopranos s'est beaucoup améliorée bien que sa justesse soit toujours un défi de taille. La section des ténors demeure la plus faible, mais cela s'explique par leur nombre restreint et par le manque de technique vocale. L'équilibre des voix entre les quatre sections a beaucoup progressé et la prestance du chœur sur scène ajoute à la qualité du concert.

L'orchestre qui accompagnait le Chœur était également très inspiré et d'une belle qualité sonore. L'oeuvre de Rutter était magnifiquement interprétée. Et que dire de la couleur de voix sublime de la soliste Natalie Petrarca dans le " Et misericordia ". Son calme et son contrôle faisaient de ses passages vocaux un pur ravissement pour l'oreille et le coeur.

Sans connaître nécessairement les secrets de l'art vocal, le public a su ressentir la grande qualité musicale du concert et s'est laissé émouvoir

Bravo, comme toujours, pour l'organisation impeccable du concert. Bravo également à Robert Ingari, pour son grand professionnalisme et son indéniable compétence comme chef de choeur.


Louise-Marie Beauchamp
Fondatrice du Chœur de la montagne